En déplacement à Gagny (93), le 18 mars, le chef de l'Etat a annoncé des mesures pour lutter contre les violences commises en bande ou à l'intérieur des établissements scolaires. Des propositions inadaptées : "De fait, fidèle à sa méthode, Sarkozy se contente d'annoncer le durcissement de l'arsenal répressif : or c'est cette même politique, mise en place depuis 2002, qui a échoué", rappellent les socialistes. S'il faut condamner les violences commises, le rétablissement d'une police de proximité, dotée de réels moyens, pas uniquement tournée vers la répression mais la prévention, serait une réponse bien plus efficace.
Par contre, le gouvernement et la majorité sénatoriale avaient refusé de débattre de la proposition de loi que la sénatrice socialiste Nicole Bricq avait défendue , le 4 novembre 2008, "visant à réformer le statut des dirigeants de sociétés et à encadrer leurs rémunérations". Motif : le code de bonne conduite du Medef et de l'AFEP (association française des entreprises privées) suffisait, alors que tous les codes éthiques proposés depuis 15 ans ont été sans effet.
Mardi 24 mars, Nicolie Bricq, a déposé au nom du groupe socialiste du Sénat, des amendements à la proposition de loi du groupe CRC-SPG "tendant à abroger le bouclier fiscal et à moraliser certaines pratiques des dirigeants de grandes entreprises en matières de revenus". Elle propose notamment une surimposition de solidarité, par la création d'une cinquième tranche d'imposition pour les revenus supérieurs à 380 000 euros, part fixe et part variable confondues (amendement "Obama").

Signer la pétition pour l'abrogation du bouclier fiscal sur www.parti-socialiste.fr.
Une autre injustice : à défaut de trouver une solution à la baisse du pouvoir d'achat des français, Sarkosy a amélioré son propre pouvoir d'achat. Interrogé par le journal Le Monde, Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement a fourni les chiffres exacts : de 7 084 euros actuellement, l'indemnité mensuelle nette du président de la République passera à 19 331 euros depuis le début de l'année 2008, soit une augmentation de 172 %. Des chiffres que l'Elysée a confirmé au quotidien.
Trois millions de personnes dans la rue, le 19 mars dernier. Trois millions de personnes indignées, angoissées. Alors que le gouvernement reste sourd, les socialistes comptent se battre, lors des élections européennes, contre les ravages du libéralisme et des politiques de droite, et répondre ainsi aux attentes des Français.
PS : Décret sur la rémunérations des grands patrons
Le gouvernement vient d’annoncer la parution d’un décret limitant temporairement certaines rémunérations exceptionnelles de très hauts dirigeants dans quelques entreprises qui ont bénéficié d’une aide de l’Etat, dans le cadre des plans de sauvetage des secteurs bancaire et automobile.
Cette annonce est parfaitement insuffisante et ne répond pas aux abus constatés jour après jour.
La parution d’un décret est en effet inadaptée dans la forme. La soi-disant volonté du gouvernement d’aller vite ne peut servir de justification à cette méthode. La loi de finances rectificative est en ce moment en débat à l’Assemblée nationale. Elle aurait pu faire l’objet d’un amendement sur les rémunérations, ce qui n’aurait pas ralenti l’adoption de ces mesures. Le Président de la République et le gouvernement agissent plus par peur d’un débat transparent et contradictoire, y compris au sein de la majorité, que par volonté de limiter les abus.
Ce projet de décret est également profondément choquant sur le fond. En effet, les mesures du décret ne concernent que quelques rares dirigeants dans quelques rares entreprises. Il ne s’attaque qu’à quelques rémunérations exceptionnelles, les stock-options et les bonus, et non à l’ensemble des rémunérations, et il ne le fait que temporairement, pour les deux années qui viennent. Il ne s’agit au fond que d’un décret alibi qui ne s’attaque en rien aux racines du mal.
Au-delà de la question urgente de la rémunération des dirigeants des entreprises aidées par l’Etat, le Parti socialiste souhaite que soit débattue des mesures plus larges sur les modalités de rémunérations dans les entreprises, et que les stock-options soient limitées aux seules entreprises naissantes afin que cessent définitivement les abus, pendant comme après la crise
